Sophie Garrec * Correctrice - chroniqueuse - auteure - parolière

Sophie Garrec  *  Correctrice - chroniqueuse - auteure - parolière

Ma mort, je m'en fous / Esther Guérin (développement personnel)

 

 

 

 

Ma mort, je m’en fous, Esther Guérin

 

 

C’est « l’histoire d’une maman qui part en quête de spiritualité, […] prend conscience de la réelle existence de Dieu, mais qui ne sait pas encore comment mettre en application tous les messages reçus, qui s’interroge terriblement. » cf p. 138

 

Une maman désespérée, effondrée et complètement perdue couche sur papier ses états d’âme et demande à sa fille, décédée, de lui venir en aide. Ce qu’elle ne sait pas au moment où elle commence son « livre », c’est que sa demande sera non seulement entendue mais également exaucée !

C’est la vraie histoire d’Esther qui a dû se reconstruire après un terrible drame : un 1er janvier, jour de fête supposé, sa fille Morgane décède des suites d’un accident de voiture. Le sentiment de culpabilité d’Esther est énorme car c’est elle qui conduisait…

 

* *  *

 

Ce livre absolument troublant, déchirant, ÉMOUVANT est construit comme un journal intime avec des dates, des descriptions du quotidien et des ressentis. C’est une sorte de témoignage qui permet à l’auteure de se remettre sur un chemin lui permettant de se sentir à nouveau vivante et utile.

Puis ce journal à 2 mains se transforme petit à petit en dialogue à 4 mains. 2 sont visibles, celles d’Esther (qui signe l’ouvrage), et 2 sont invisibles mais bien là, celles de Morgane, sa fille décédée.

Ce dialogue est possible grâce à l’écriture automatique, l’enfant défunt passant par les doigts de sa maman pour dialoguer avec elle et la remettre d’aplomb.

 

Des pensées décousues se succèdent au début. Ce sont des pensées d’une personne elle-même décousue, en perte de repères sur qui elle est et pourquoi vivre.

Nous sentons vraiment le mal-être d’Esther tout au long du livre et surtout au départ. Nous sentons la confusion dans laquelle elle se trouve. Tantôt elle écrit son journal pour elle-même, tantôt elle s’adresse à sa fille.

Tout se mélange un peu entre ses propres états d’âme, sa thérapie, sa connexion avec Morgane, les rencontres qu’elle fait, son quotidien… Tous ces mélanges, au lieu de desservir le livre, nous font vraiment ressentir la détresse tous azimuts de celle qui tient le stylo pour deux. C’est comme un début de collaboration un peu chaotique où chacune doit trouver sa place ; l’une des protagonistes (Esther) ayant du mal à croire au projet, émettant des doutes et des réserves, croyant sans y croire vraiment… n’arrivant pas à lâcher prise !

 

Pour vous aider à comprendre le contexte, je vous oriente : au début, Esther ne sait pas pourquoi elle écrit ce livre et le lecteur le ressent fortement. Il ne comprend pas trop non plus où elle veut en venir. Mais cette introduction est nécessaire pour bien comprendre la genèse de la transformation de l’auteure (des auteures) au cours du livre. Nous sentons les sentiments diffus au commencement car Esther elle-même ne sait pas pourquoi elle écrit. C’est comme si elle avait eu du mal à accepter qu’une partie de ce qu’elle écrivait était dictée par une autre « personne ». C’est aussi comme si la collaboration à 4 mains avait eu du mal à se mettre en place. Logique, cela se passe de la même façon dans tous les domaines de la vie quotidienne, lorsqu’un projet naît et qu’une équipe doit se mettre en place en permettant à chacun de trouver son rôle.

Au lieu d’être une faille pour ce livre, cette confusion générale ne fait que mettre d’autant mieux le lecteur dans la peau de l’auteure paumée. Nous pouvons prendre cela comme une véritable preuve de la difficulté d’Esther à croire (sans voir) à la présence de sa fille à ses côtés.

 

Quant à Morgane, elle n’est pas toujours tendre avec sa maman. Elle est à la fois aimante et bienveillante mais vraiment dure, parfois, dans ses propos et dans son ton. Normal, elle est auprès d’Esther pour la faire renaître ; il lui faut des électrochocs. Nous sentons vraiment la différence de langage et de ton entre les deux interlocutrices. Ce n’est pas une petite fille de 11 ans (son âge lors de son décès) qui s’adresse à sa mère mais bien une âme élevée qui lui prodigue conseils et enseignements pour faire de sa survie une vie tout court.

 

* *  *

 

Les buts de ce livre thérapeutique sont multiples :

 

1/ aider les parents endeuillés à accepter la perte ; revivre après un drame ; permettre à la partie du parent mort en même temps que son enfant de renaître à la vie ;

2/ aider le lecteur à « faire son propre cheminement spirituel », comme écrit à la page 16 ;

3/ démontrer que la communication entre le monde visible et le monde invisible existe ;

4/ envisager la mort comme un passage et une continuation vers une autre forme de vie ;

5/ ouvrir une porte géante vers le positivisme !

 

Ce livre ne s’adresse pas qu’aux parents ayant perdu un enfant. Il s’adresse aussi à ceux qui se questionnent, qui doutent, qui ont des soucis de santé, d’argent, de couple… Il s’adresse à tous ceux ayant le cœur assez grand, la curiosité et l’ouverture d’esprit assez larges pour décider d’aller mieux, pour décider d’être bien !

 

Certains pleureront ou auront des frissons tant l’écriture est fluide et le sujet captivant !

D’autres penseront que l’auteure est folle, atteinte, une sorte d’imposture peut-être…

Je pense qu’Esther et Morgane sont deux fées, l’une sur terre, l’autre au ciel, présentes pour nous rappeler que la vie sur Terre est belle si… nous savons comment faire pour nous l’illuminer !

 

* *  *

 

Au fait, dans Morgane, il y a « mor(t) », mot que tout le monde connaît et dont beaucoup ont peur et il y a aussi « organe ». Ce que certains ne savent pas (et Esther le sait-elle elle-même ?), c’est que « organe » a plusieurs étymologies. L’une datant du 16e siècle nous révèle qu’un organe est « une personne qui sert d’intermédiaire ». Comme si, dès le début, Esther, fée de la Terre, avait consciemment nommé sa fille pour être son intermédiaire, celle qui nous permettrait, à travers elle, de comprendre le mécanisme de la mort humaine…

 

* *  *

 

En conclusion, ce livre fera réfléchir et apportera de grands enseignements à qui saura ouvrir son esprit et son cœur pour les accueillir.

Je le rangerai dans ma bibliothèque à la rubrique « Développement personnel » ou, tout simplement, je le laisserai sur ma table de chevet…

J’ai envie de vous dire, pour finir, que ce n’est pas vous qui trouverez ce livre mais ce livre qui vous trouvera au BON moment ; au moment précis où vous aurez besoin de le lire. Magie ?!? Non, juste un petit signe de là-haut qui vous prouvera que (vouloir) croire à l’invisible n’est ni farfelu ni impossible…

 

 

Sophie Garrec

 

 

Retrouvez l’ouvrage d’Esther ici : https://www.estherguerin.com/ma-mort-je-m-en-fous/

 

 

 

 

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05/02/2018
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